Comment nous calculons les cotes
Quarante sources relevées toutes les heures, une moyenne pondérée par la fiabilité de la source et la fraîcheur du relevé, un filtre des prix aberrants — et ce que la méthode ne sait pas mesurer.
Publié le 2026-08-24
Ce qu'une cote est, et ce qu'elle n'est pas
Une cote de Chartreuse Vault est une estimation calculée à partir de prix observés publiquement : ventes aux enchères adjugées, annonces de cavistes, lots de places de marché. Ce n'est pas un prix de vente garanti, ni une offre d'achat, et elle n'engage ni la distillerie ni aucune maison de ventes.
Elle répond à une question précise : à quel prix cette bouteille-là a-t-elle changé de mains récemment ? Elle ne répond pas à « combien vaut ma bouteille » — l'état du bouchon, du niveau et de l'étiquette peut faire varier le résultat du simple au double, et aucun relevé automatique ne les voit.
D'où viennent les prix
Nous relevons quarante sources publiques, réparties en trois familles :
- Maisons de ventes — les prix marteau, c'est-à-dire des transactions réellement conclues.
- Places d'enchères — mises à prix et adjudications, suivies jusqu'à la clôture pour distinguer les deux.
- Cavistes et détaillants spécialisés — prix demandés, qui disent ce que le marché espère plutôt que ce qu'il obtient.
La collecte tourne toutes les heures. Chaque relevé garde la trace de sa source, de sa date et de son adresse d'origine.
Comment un prix devient une cote
1. Le regroupement
Les relevés sont groupés par cuvée, millésime et contenance. La contenance n'est pas un détail : mélanger un litre et une 70 cl dans la même moyenne produit un nombre qui ne désigne aucune bouteille existante. Quand une source ne publie pas la contenance, la cote le signale.
2. La pondération
Toutes les observations ne se valent pas. Chacune reçoit un poids selon trois axes :
- La source — d'un poids de 1 à 10. Une maison de ventes établie, dont les prix sont des transactions vérifiables, pèse davantage qu'une annonce isolée.
- La fraîcheur — décroissance exponentielle de demi-vie 180 jours : un relevé de six mois compte moitié moins qu'un relevé du jour, sans jamais disparaître complètement.
- La nature — une vente conclue pèse deux fois une simple mise à prix. Une estimation de lot, dont le prix unitaire est déduit, ne compte que pour 0,4.
Nous publions ces échelles mais pas la table des poids par source, et c'est délibéré : nommer celles qui pèsent le plus permettrait d'y placer des annonces pour déplacer une cote.
3. L'écartement des prix aberrants
Un filtre de Tukey écarte les valeurs hors de l'intervalle interquartile élargi, calculé sur des quantiles pondérés — de sorte qu'une source fiable ancre la bande au lieu d'être écartée par le nombre. Un plancher bas retire séparément les prix effondrés, typiquement une bouteille vide vendue pour son étiquette.
Le filtre ne vide jamais un groupe : s'il ne reste pas assez d'observations, la cote est publiée avec sa réserve plutôt que supprimée.
4. La moyenne pondérée
Le prix retenu est une moyenne arithmétique pondérée : la somme des prix multipliés par leurs poids, divisée par la somme des poids.
Pourquoi pas une médiane. C'est le choix le plus discutable de la chaîne, et il est assumé. Avec des poids entiers par source, une médiane pondérée fait basculer le résultat sur une seule observation dès qu'elle est assez lourde. La moyenne, elle, laisse chaque relevé peser exactement ce qu'il vaut : une observation d'un caviste de référence à poids 10 compte comme dix relevés d'annonces ordinaires, ni plus ni moins. C'est le comportement que nous voulons. Le prix à payer est une sensibilité résiduelle aux extrêmes, et c'est le filtre de l'étape 3 qui la couvre.
Les étoiles : ce qu'elles disent
Chaque cote porte une note de fiabilité. Elle mesure une seule chose : le nombre d'observations retenues.
| Observations | Note |
|---|---|
| 20 et plus | ★★★★★ |
| 10 à 19 | ★★★★☆ |
| 5 à 9 | ★★★☆☆ |
| 3 ou 4 | ★★☆☆☆ |
| 1 ou 2 | ★☆☆☆☆ |
Une cote dont la contenance est inconnue est plafonnée à deux étoiles, même avec vingt observations : on ne peut pas promettre la solidité d'une grandeur dont on ignore l'unité.
Les étoiles ne disent rien de la dispersion, ni de l'état des bouteilles observées, ni de l'ancienneté des relevés — celle-ci est déjà prise en compte dans le calcul.
Ce que nous ne savons pas
Publier une méthode sans ses limites n'est pas de la transparence.
- Une écrasante majorité de nos cotes est à une étoile. Sur les cotes en base, plus de huit sur dix reposent sur une ou deux observations. Le marché de la Chartreuse ancienne est étroit : certaines cuvées millésimées ne passent en vente que quelques fois par an.
- Nous n'avons pas d'historique de prix long. La collecte systématique est récente. Nous pouvons comparer des périodes sur les ventes aux enchères datées, pas retracer une courbe sur dix ans.
- L'état n'est pas mesuré. Niveau, bouchon, étiquette, présence de l'étui : aucun de ces facteurs n'entre dans le calcul, et tous comptent à la revente.
- Certaines cotes sont dérivées. Faute d'observations sur une contenance, un prix peut être déduit d'une autre par un coefficient de volume. Ces cotes sont signalées comme telles à l'écran.
Vérifier par vous-même
Chaque cote affiche le nombre d'observations qui la composent et les sources dont elles proviennent. Un chiffre que vous ne pouvez pas remonter jusqu'à ses relevés ne devrait pas vous convaincre — y compris chez nous.
Si une cote vous paraît fausse, écrivez-nous : les corrections signalées par les collectionneurs sont la meilleure source d'amélioration de cette chaîne.